27/05/2006

"Un autre monde"

1997 : DOLLY


© Rémi Benali et Stephen Ferry/Gamma

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C'est l'animal le plus photographié du siècle : premier clone d'un mammifère adulte, Dolly est la copie conforme d'une brebis de 6 ans. Depuis sa présentation en février 1997, la polémique fait rage : cloner ou ne pas cloner ? Des laboratoires planchent sur la fabrication d'animaux transgéniques capables de fournir des organes humanisés ou des protéines-médicaments. Mais c'est le clonage humain qui focalise toutes les passions : l'enjeu éthique est immense, qui touche aux frontières de la science et de la vie. Dolly, la brebis, a ouvert la boîte de Pandore...

" Cette image touche aux limites de notre métier "

Fabriquée sur ordinateur, la photo de Dolly symbolise un double enjeu : celui de l'éthique de la science, ébranlée par les manipulations génétiques, mais aussi du photojournalisme, bouleversé par les nouvelles technologies qui permettent de manipuler l'image. Sur ce sujet lourd d'enjeux pour leur profession, Rémi Benali et Stephen Ferry parlent d'une même voix :
"La première fois que nous avons vu Dolly, nous avons ressenti une étrange impression. D'un côté, c'était une brebis parfaitement normale, un peu grosse ! De l'autre, c'était un être tout à fait nouveau, né sans père. C'est cela que nous avons voulu montrer : le monde est le même et, pourtant, quelque chose d'extraordinaire est arrivé. En choisissant de construire l'image sur ordinateur, nous savions que nous touchions aux limites de ce que l'on peut faire ou ne pas faire dans notre métier. C'est pourquoi nous avons exigé que la publication soit accompagnée d'une légende précisant " assemblée digitalement par Steve Walkowiak ".

16:05 Publié dans 22] Dolly | Lien permanent | Commentaires (0)

"L'exorciste"

1989 : LA CHUTE DU MUR DE BERLIN


© Raymond Depardon/Magnum Photos

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medium_chutemur.3.jpg 1989. Le vent de la Perestroïka souffle sur les pays de l'Est. La Hongrie prend la tête du mouvement de libéralisation, en ouvrant ses frontières avec l'Autriche. Aussitôt, des milliers d'allemands de l'Est s'engoufrent dans la brêche pour gagner l'Allemagne fédérale. En république démocratique allemmande, les manifestations se multiplient et provoquent la démission de Erich Honecker. Encouragée par Michel Gorbatchov, la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, précipite celle des régimes communistes de Tchéchoslovaquie, Bulgarie et Roumanie. Un an plus tard, l'Allemagne est réunifiée.

"De là-haut, j'ai crié : "Révolution!" Armin Strauch

"Avec le mur, il y avait plus de compréhension et de solidarité entre les Berlinois de l'Ouest et ceux de l'Est. Le béton a disparu pour laisser la place à un mur invisible, encore plus pervers : on ne peut pas s'asseoir sur ce mur là..." Armin Strauch

"Moi...je"

1986 : LE SIDA


© Alon Reininger/Contact Press Images

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medium_sida.jpg 1981. Le monde découvre un mal étrange, surnommé le "cancer gay", qui frappe les homosexuels masculins de Los Angeles et de New York. Aussitôt, la communauté gay américaine part en croisade contre ce qui deviendra l'une des plus grandes pandémies du siècle. Alors que la peur de la contagion marque le début des années sida, le virus, identifié en 1983, n'épargne plus aucune catégorie de la population. En 1997, le sida a fait 12 millions de victimes et contaminé 30 millions de personnes, essentiellement dans les pays en voie de développement.

"Il fallait rompre le secret visuel" Larry Kramer

C'est l'histoire d'une photo qui tétanisa la planète entière. Jusqu'en Chine où elle servit pour les campagnes de prévention : on y voit un malade d'une maigreur effroyable, les bras dévorés par d'horribles taches. Un "Kaposi", disent les spécialistes. Un cancer de la peau caractéristique des sidas en phase terminale. L'homme s'appelait Ken Meaks. Il fut le premier malade Américain qui accepta de témoigner à visage découvert, grâce à la persévérance de Alon Reininger qui , depuis 1981, s'interressait à cette "étrange maladie".

Ken sait que ses jours sont comptés et il appelle Alon à New-York : "J'ai pris le premier avion, car j'ai compris que c'était la fin. Il était assis près de la fenêtre de la cuisine ; je n'ai pas eu besoin de demander. Ken était prêt..."